Ca y est, la date de l'audience a été notifié.
"Mon frère" va enfin passer devant le juge.
Quelques jours auparavant, renée, une de mes soeurs me téléphone pour me demander si je désire qu'elle m'accompagne pour me soutenir car elle imagine cette épreuve très difficile à assumer seule.
Je lui dit que c'est très gentil, mais que j'ai eu le temps de m'y préparer, et que de toute façon je ne serai pas seule puisque maman et la plupart des frères et soeurs seront là.Je lui dit aussi que si elle veut venir elle peut...
Elle me répond que non, elle ne veut pas venir pour voir, mais simplement me soutenir moi.
Je la remercie et lui affirme que ca va aller.
Dehors, il pleut à verse.Je n'ai pas de voiture et pas d'argent pour payer un ticket de métro alors c'est à pied que je fais cette longue route pour me rendre au palais de justice.
Lorsque j'arrive enfin, je suis trempée jusqu'au os. La famille est devant la salle d'audience et me demande ce que j'ai fait pour arriver que maintenant alors qu'eux étaient déjà sur les lieux depuis plus d'une heure......
Après leurs avoir expliqué, je me demande pourquoi ils sont venus à plusieurs voitures non pleines et pourquoi personne ne c'est proposé pour me prendre.
Au toilettes du palais de justice, je me sèche un peu les cheveux afin d'etre un peu plus présentable.Lorsque je sors des WC , l'avocat de ma fille (adhoc) m'informe de ce qu'il va se passer et ce qu'il va demander...Il m'informe aussi que puisque je n'ai pas voulu d'un huis clos, (salle privé), le comparaissant ("mon frère) , avait demandé le huis clos car il ne voulait pas qu'éventuellement un de ces amis aurai pu se trouver dans la salle et assister à l'audiance...
J'étais furax!!!!!
Ce sera donc une audiance à huis clos...(c'est à dire que à part l'accusé et le ou les plaignants ainsi que les avocats des deux parties , personne d'autre ne peut entrer dans la salle.
L'avocat me fais signe d'entrer, de m'asseoir là, et d'attendre.....
A coté de moi, assis sur la meme banquette se trouve quelqu'un d'autre.....
Une petite fille et sa maman.
Ma fille n'était pas la seule victime!!!!
La cour arrive...je me lève ....
D'un signe de la main, le juge me fais signe de m'asseoir.
Je me sens très bizarre,les mains moitent,en ayant l'impression de ne plus avoir de salive, comme si avec une affreuse peur du vide j'étais suspendue par un banal fil dans le vide du haut de la tour effel.Mon coeur battait si fort à m'en faire mal....
Je savais que je devais me présenter à la barre ,et je me demandais comment j'allais pouvoir parler avec ma gorge nouée, et "mon frère" derrière moi a quelques pas.....
La porte sur le coté de la salle s'ouvrent.....
Deux policiers entrent, avec dans le milieu et menoté "mon frère" .
Il a la tete baissé mais jette un rapide coup d'oeil à la salle ...
Mon sang se glace,... je ne peux plus bouger....J'ai une atroce envie de lui arracher les yeux, mais mon corps ne réponds plus , j'ai atrocement froid...
Le juge énnumère "les faits" un par un dans les moindre détails.....puis s'adresse à l'accusé qui reconnait les faits.....
Le juge lui demande si il a quelque chose à ajouter...
Il répond non...puis se reprend et dit oui...
Devant le micro, à la barre, la tete baissée il me semble entendre une demande de pardon....
Puis c'est à mon tour de venir à la barre après que la femme assise à coté de moi en est revenue.
Je dis ce que j'ai à dire, sans savoir comment ma voix à pu émettre un son...je suis très mal....Pendant que je parle au juge, je ressens presque la respiration de "mon frère" dans mon dos,... je revois certaine scènes ou je laissais monter ma fille avec lui pour 'jouer aux flèchettes", ...j'entends la voix de ma fille qui me raconte à nouveau......
Le juge m'à posé une question et je n'ai pas entendu.... je ne sens plus mes jambes porter mon poids mais je parviens tant bien que mal à rejoindre ma place....
C'est à l'avocat des enfants de faire sa plaidoirie.
Je suis attentive à ce qu'il dit.Il parle et explique parfaitement les faits, la douleur, le préjudice, l'avenir traumatisée des enfants......etc.....quand tout à coup, la dame à coté de moi, se mets hocher la tete et à rire, et à murmurer sufisament fort pour que le juge l'entende...: : - "N'importe quoi!!!!"
Je regarde cette femme et lui fait remarqué que c'est l'avocat de ma fille (et qui représente la sienne aussi )qui parle...
Elle me répond : -" et alors, je le sais, c'est pour ca que je dis n'importe quoi!!!"
Je suis outrée, ne comprenant rien à cette mère dont la fille violée est là assise auprès de nous....
C'est au tour du procureur de parler.
Il accuse "mon frère" et demande une peine maximum.
Cette femme continu a rire et en hochant la tete de dire : "- il dit que des conneries".
Je lui fais signe à cette femme que cette fois ca suffit, qu'elle doit se taire.....
Quand arrive le tour de l'avocat de l'accusé de plaidoyer, celui-ci prends son temps. Celà dure une heure....
A la fin de son plaidoyer, la femme assise à coté de moi, se mets à applaudir en disant : "- Bravo maitre, ca c'est vrai!!!"
Je regarde le juge, le procureur, mon avocat, et nous avons tous le meme regard d'imcompréhention.
La petite fille regarde par terre.
A la fin de cette étrange audiance,lorsque le juge rend son verdict et condamne l'accusé à seulement 3 ans d'emprisonnement et dommage et intéret, je me sens vidée, plus capable de quoi que ce soit.....
Je sors de la salle d'audience la première, cette femme et sa fille me suivent, puis l'avocat de l'accusé et le mien....Cette femme, attrape la main de l'avocat de l'accusé et le félicite vivement alors que moi je remercier mon avocat de sa plaidoierie.....
La famille, se presse sur moi....-" alors combien il a pris" ? me demande t'on.
je ne sais meme pas si je réponds, je pars je ne sais ou.....personne ne m'à vu.
Quand je reviens un peu à moi, je suis assise sur un banc dans le hall du palais de justice...Ils sont tous encore là. la famille est en train de se lamenter sur le sors de "mon frère" et de savoir comment ils allaient annonçer celà à la concubine de celui ci qui attendait son enfant.
C'est à ce moment précis que j'ai compris que j'ai eu tort de penser qu'ils étaient venus pour pouvoir éventuellement me soutenir.
Ils étaient tous venus pour pouvoir assister à l'audience, mais comme "mon frère" avait demandé le huis clos, ils étaient désolé de n'avoir pas pu le soutenir.
J'ai entendu ma propre mère dire: "-Que ca a du etre difficile pour lui."
A moi, personne ne m'a demandé si j'allais bien .
Le soir venu, la seule personne qui souhaitait etre là pour moi et dont j'ai refusé le soutien, (ma soeur renée) me tel pour savoir si j'allais bien....
Je lui explique en pleurs ce que je venais de vivre ...
Le plus difficile aura été de lui dire que cette femme qui se trouvait à coté de moi avec sa petite fille ....dans la salle d'audience....
C'était josiane ....mon autre soeur....
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